Le système nerveux est un réseau invisible et magique : il nous permet de sentir mais nous ne le sentons pas. Il achemine les sensations au cerveau qui les transforme en émotions et en actions. L’école ne nous en donne pas d’image. Il peut agir dans l’espace imaginaire d’un problème d’école concret : la circulation électrique des humeurs.
Nous commençons par une enquête anatomique et perceptive. Les enfants dessinent l’intérieur de leurs corps à partir de leurs sensations, leur imagination, leurs émotions, leurs connaissances. Parallèlement elles et eux reproduisent et transforment des planches anatomiques d’époques et de provenances hétérogènes représentant le système nerveux. Décalquées, reportées, mises et carreau et agrandies, les planches deviennent des images singulières, des corps imaginaires de grande taille.
Dans un second temps, les enfants représentent des analogies entre des choses du corps et des choses du monde. Ces dessins nous serviront de partitions pour inventer les danses du film Classe/cour.
A l’école les actions des enfants sont en permanence évaluées, surveillées, anticipées, gratifiées, empêchées, punies. Entre la classe et la cour, dans les escaliers, les couloirs, le long des grilles, les enfants inventent des danses hors du commun. Dans ce lieu ayant pour mission de les éduquer, le film met en rapport les mouvements spontanés d’enfants en récréation qui ne se savent pas filmés et les mouvements inventés, conscients, d’un groupe d’élèves-acteurs.
Rassemblant peintures, dessins et film l’exposition L’école, le système nerveux s’adressera plus tard à « l’image du corps » de l’institution et de ses agent.e.s, aux acteur.ice.s d’un système nerveux.